« Pour voir les choses différemment, la solution la plus efficace consiste à bombarder son cerveau de choses qu’il n’a encore jamais rencontrées [traduction libre]. »
— Gregory Berns, neuroscientifique américain et expert sur les origines biologiques de la créativité

« La pratique de l’art nous unit au-delà des langues, des races, des ethnies et des religions. Nous avons besoin de lieux où chacun peut redécouvrir le pouvoir de l’expression par les arts et voir que sa générosité de créer et de partager est accueillie par l’Autre. »
— Janis Timm-Bottos, art-thérapeute et professeure, Université Concordia
 
 

« Lethbridge, Regina, Kelowna, Rimouski et beaucoup d’autres : la façon dont les organisations artistiques prennent forme dans ces plus petites villes est caractérisée par la philosophie du faites-le-vous-même » [traduction libre], affirme Shawn Van Sluys, de Musagetes.

« Ces villes ont des arguments valides à présenter sur la façon dont les arts peuvent être soutenus dans une période d’austérité. Comment les villes peuvent-elles encourager cet appui? En éliminant une partie de la bureaucratie [traduction libre]. » 

 
 
« Ces villes ont beaucoup à dire sur la façon de soutenir les arts en période d’austérité. Comment les villes peuvent-elles favoriser cela? On peut commencer par éliminer une partie de la lourdeur bureaucratique. »

Lorsque Musagetes, une organisation basée à Guelph, en Ontario, s’est jointe au programme Des villes pour tous, elle trouvait que l’initiative était fortement axée sur des villes comme Toronto, Montréal et Vancouver. Selon M. Van Sluys, il est essentiel de ne pas oublier les villes qui comptent 100 000 habitants ou moins. Son organisation œuvre dans les petites villes, car leur portée est plus facile à gérer par rapport au type de travail qu’elle fait. Dans ces villes, la demande et le potentiel pour des activités artistiques réellement populaires sont souvent plus élevés. 

M. Van Sluys croit que depuis quelques dizaines d’années, il y a délestage des responsabilités des arts de la part des administrations, qui les transfèrent aux sociétés. Bien que les investissements des entreprises permettent la construction de grandes installations magnifiques, comme le Musée des beaux-arts de l’Ontario, le modèle comporte des risques inhérents. En effet, il rend les projets artistiques plus vulnérables aux restrictions économiques ou à l’austérité. Les investissements peuvent soudainement se tarir lorsque les temps sont difficiles, laissant les plans de rénovation ou de construction en suspens. M. Van Sluys croit qu’il manque au Canada une politique sur la culture pour les villes qui n’est pas axée sur la marchandisation, en d’autres termes, pour une culture qui n’exige pas de grands investissements de capitaux. 

Musagetes travaille à un niveau très différent. 

L’histoire du chemin de fer clandestin est devenue l’inspiration d’un projet de Musagetes nommé People of Good Will, qui a été organisé dans une vieille église, maintenant renommée Heritage Hall. People of Good Will regroupe 22 personnes provenant de la Guelph Black Heritage Society, de Musagetes, de Postcommodity (un collectif d’artistes multimédias autochtones du sud-ouest des États-Unis), de la communauté artistique de Guelph, de la Guelph Neighbourhood Support Coalition et des services aux immigrants. Les personnes âgées autochtones et autres membres de la communauté agissent à titre de conseillers.  
 

 
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Pendant un an, une série d’activités et de spectacles, organisés par Postcommodity et soutenus par People of Good Will, ont été donnés au Heritage Hall par des programmateurs artistiques, des organisations communautaires et des artistes locaux et étrangers.

Le fait de réussir à regrouper la communauté de cette façon montre le pouvoir catalyseur des arts. Musagetes aimerait voir davantage de conseils municipaux promouvoir la participation des artistes à l’espace public et même les inclure directement au processus de prise de décisions. 

 
 
« Les arts offrent une palette infinie de possibilités. Le propre de l’art est de soulever des questions plutôt que d’offrir des solutions. »

Musagetes expérimente aussi ce qu’elle appelle SenseLabs depuis 2012, dont la première occurrence a eu lieu à Sudbury. La Fondation décrit SenseLabs comme une forme de médiation culturelle, soit « un processus d’établissement de liens entre les mondes culturel et social afin de contrer l’exclusion d’une grande partie de la population des rencontres avec l’art et d’une participation au milieu artistique » [traduction libre].

Selon M. Van Sluys, « les arts offrent un éventail de possibilités et servent à soulever des questions, et non à trouver des solutions » [traduction libre]. 
 

 
SENSELABS En 2014, Musagetes a amené SenseLabs à Lethbridge, une ville du sud de l’Alberta qui s’étend sur une région aride. SenseLabs a invité Jean-François Prost, un artiste montréalais, à prendre la tête du groupe pour réaliser une série d'actions publiques. Partout dans la ville, les participants ont exploré les sites de conflit, les espaces oubliés, les espaces contestés et les sites d’intérêt. En recouvrant ces sites d’un tissu rouge de 20 mètres de long, ils les ont transformés en espaces sociaux momentanés servant de lieux de conversations, de pique-niques et de goûters. De telles activités ont comme effet de porter l’attention, et l’imagination, sur les espaces oubliés et négligés.  Crédit photo: Jean-François Prost

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En 2014, Musagetes a amené SenseLabs à Lethbridge, une ville du sud de l’Alberta qui s’étend sur une région aride. SenseLabs a invité Jean-François Prost, un artiste montréalais, à prendre la tête du groupe pour réaliser une série d'actions publiques. Partout dans la ville, les participants ont exploré les sites de conflit, les espaces oubliés, les espaces contestés et les sites d’intérêt. En recouvrant ces sites d’un tissu rouge de 20 mètres de long, ils les ont transformés en espaces sociaux momentanés servant de lieux de conversations, de pique-niques et de goûters. De telles activités ont comme effet de porter l’attention, et l’imagination, sur les espaces oubliés et négligés. 

Crédit photo: Jean-François Prost

 


Le travail de Musagetes pendant Des villes pour tous a ouvert un nouveau domaine d’activité. Elle se lance maintenant dans un projet nommé ArtsEverywhere, un ensemble continu d’activités (regroupements, cafés, publications, projets éducatifs) ainsi qu’une « ruche à idées » en ligne, soit une plateforme Web visant à favoriser le dialogue intersectoriel concernant la valeur des arts. La plateforme Web a été inspirée par le site The Nature of Cities (TNOC), que Musagetes a découvert pendant Des villes pour tous. Musagetes adaptera l’architecture Web de TNOC, qui servira de forum pour les livres blancs, les critiques de politiques, les compositions, les critiques de livres, les balados et bien plus encore.

ArtsEverywhere a comme objectifs de créer un réseau de champions mondiaux pour Musagetes, de renforcer la capacité de communication de l’organisation, d’établir des partenariats avec des organisations animées du même esprit, d’offrir une ressource aux médias traditionnels contenant des renseignements sur le rôle des arts, et d’offrir un forum d’apprentissage continu, lié notamment à la collaboration avec les peuples autochtones et aux connaissances qu’ils nous transmettent.