« Nos ancêtres citoyens ont conçu et créé divers actifs civiques pour répondre aux besoins de leur époque. De riches protecteurs, comme Andrew Carnegie, ont fait construire des bibliothèques publiques pour démocratiser le savoir; des sociétés privées ont construit des systèmes de transport qui allaient se transformer en systèmes publics de transport en commun; des organisations confessionnelles ont construit des écoles, des maisons d’entraide et des centres communautaires, dont la plupart sont devenus publics et séculiers; les gouvernements ont construit des bureaux de poste, des gares ainsi que des écoles et des parcs publics pour favoriser davantage le bon fonctionnement des villes [traduction libre]. »
Re-Imagining the Civic Commons
 
 

Les biens communs civiques ("civic commons") sont sans doute mieux définies comme « des endroits où nous faisons ensemble ce que nous ne pouvons faire seuls » [traduction libre]. C’est en ces termes que Mary Rowe, vice-présidente exécutive de la Municipal Art Society of New York (MAS), un partenaire américain du programme Des villes pour tous, les a décrits. 

 
Aujourd’hui, les espaces communs sont nos rues, nos parcs, nos places publiques et beaucoup plus. Il s’agit d’endroits où les gens peuvent «souligner un événement par une fête, se cultiver, se reposer, jouer, échanger, prendre des décisions importantes, exprimer des aspirations collectives et subvenir à leurs besoins et à ceux des autres». [traduction libre] 

À l’ère préindustrielle de la Grande-Bretagne, les espaces communs étaient des endroits où les citoyens pouvaient faire paître leur bétail. Il s’agissait d’endroits littéralement « communs ». Aujourd’hui, les espaces communs sont nos rues, nos parcs, nos places publiques et beaucoup plus. Il s’agit d’endroits où les gens peuvent « souligner un événement par une fête, se cultiver, se reposer, jouer, échanger, prendre des décisions importantes, exprimer des aspirations collectives et subvenir à leurs besoins et à ceux des autres » [traduction libre] (Re-Imagining the Civic Commons, MAS). 

Parmi ces installations, se trouvent surtout ce que nous avons appelé des actifs civiques ("civic assets"), soit des infrastructures essentielles qui ont généralement été construites à l’aide de fonds publics, comme des bureaux de poste, des bibliothèques et des dépôts d’autobus. En 2016, bon nombre de ces actifs sont sous-utilisés, voire abandonnés, ou ont été remis au secteur privé. La réaffectation de nos actifs civiques est devenue un outil essentiel à la revitalisation de nos biens communs. 

Le Projet des actifs civiques, mené par Talia Dorsey du groupe The Commons Inc., à Montréal, a tenté de répertorier les actifs existants de la ville et de les organiser selon une taxonomie, ce qui permettra une discussion plus exhaustive sur la façon dont ils peuvent être désignés à nouveau et réaffectés. Le projet met aussi l’accent sur des projets pilotes qui mettront sa méthodologie et sa reproductibilité à l’épreuve. 

 
 
On peut également voir les actifs civiques comme une « infrastructure stratégique ».  

Le travail de classification exige non seulement le regroupement des actifs en catégories (par exemple, actifs religieux, de soins de santé ou industriels), mais aussi la définition de leurs relations abstraites avec la ville au sens plus large. Les responsables du projet indiquent dans leur rapport que « les actifs civiques résistent à une classification simple, par exemple « publics ». Les entreprises commerciales privées peuvent devenir des actifs civiques lorsque leur nature ouverte et publique fait qu’elles deviennent les points de convergence de multiples communautés et utilisateurs » [traduction libre]. La charcuterie Schwartz’s à Montréal est un exemple de la culture juive dynamique de la ville et attire des dizaines de milliers de visiteurs locaux et étrangers. 

On peut également voir les actifs civiques comme une « infrastructure stratégique ». 

Un projet mené par d’autres acteurs vise un objectif similaire, soit la revitalisation d’anciens bâtiments. L’Église Saint-Joseph, dans la Petite-Bourgogne, est l’un des plus vieux édifices religieux à Montréal. Construite par les Sulpiciens et achevée en 1861, elle est devenue un pilier essentiel d’une communauté locale dynamique. Cependant, près de 150 ans plus tard, l’Église Saint-Joseph est grandement sous-utilisée en raison du déclin de la pratique religieuse au Québec.   

 
 

Le Salon 1861 – nouvelle vie pour une église historique de Montréal

Natalie Voland, de la société immobilière Quo Vadis, y a vu une occasion intéressante. Elle a négocié avec des représentants des secteurs commercial, à but non lucratif, universitaire et municipal, dans le quartier et autour, pour créer une vision commune de la façon dont l’église pourrait être transformée en centre communautaire polyvalent tout en conservant sa fonction historique, soit celle de rassembler les gens. Une entente a été conclue en 2015, et Quo Vadis est devenue la nouvelle propriétaire du superbe bâtiment néo-gothique. 

L’espace revitalisé, qui sera appelé le Salon 1861, appuiera l’écosystème montréalais florissant qui réunit des innovateurs sociaux, des entrepreneurs et des développeurs économiques. Il offrira un espace partagé de travail et accueillera des ateliers, des événements et des activités de réseautage. Les responsables du projet collaboreront avec l’Université McGill pour offrir des occasions d’apprentissage appliqué aux étudiants et aux chercheurs. De plus, ils s’associeront activement à plusieurs organisations locales, y compris un centre de conditionnement physique et le Centre communautaire Tyndale St-Georges, ce dernier offrant des programmes éducatifs aux jeunes et aux adultes dans ce quartier à faible revenu. 

Au printemps 2015, la Fondation McConnell a approuvé un investissement destiné au Salon 1861. Elle considérait le projet comme une vision novatrice de la réaffectation de cette partie vitale de l’histoire de Montréal pour l’intérêt public. 
 

 
RE-IMAGINING THE CIVIC COMMONS Lors d’un regroupement mondial au Civic Hall de Manhattan, la Municipal Art Society (MAS) de New York a publié Re-Imagining the Civic Commons, première analyse du genre sur l’état des "civic commons", soit la myriade d’actifs communs comme les parcs, les bibliothèques, les bureaux de poste, les piscines publiques et les églises, qui constituaient l’épine dorsale de la vie urbaine. L’analyse a été produite avec l’aide de la John S. and James L. Knight Foundation de Miami.  Mary Rowe, vice-présidente chargée de la stratégie pour la MAS, a déclaré : « Ici, à New York, le rôle essentiel de ces espaces de rassemblement a été clairement défini au lendemain de l’ouragan Sandy, alors que des bibliothèques et des cafés Starbucks se sont transformés, du jour au lendemain, en centres de secours. Cependant, les voisins savent que ces actifs civiques aident, tous les jours et de manière discrète, à renforcer nos communautés. Lorsque nous fermons nos bibliothèques et transformons nos églises en condominiums, que reste-t-il de la rencontre communautaire créative qui attire les rêveurs et les investisseurs dans nos villes en premier lieu? »  Le rapport a été communiqué à un groupe de leaders urbains de Montréal, de Toronto, de Chicago, de Boston, de Philadelphie et de New York, dans le cadre d’une discussion mondiale intitulée Building a Sustainable Civic Commons. Pendant cette activité de deux jours, les participants ont exploré le rôle joué par les communes civiques dans l’habitabilité urbaine et la compétitivité économique, en plus de discuter des stratégies en matière d’investissement et de programmation visant à les renforcer.  L'activité a été organisée par la MAS en partenariat avec la Evergreen CityWorks, le programme Des villes pour tous, le Community Design Resource Center, la Boston Society of Architects, la Chicago Architecture Foundation et la Fairmount Park Conservancy, ainsi qu’avec le soutien de la Banque TD, de la Maytree Foundation, d’Ideas That Matter, de la fondation de la famille J.W. McConnell, de la Metcalf Foundation et de Stantec [traduction libre]. Tiré d’un communiqué de presse de 2015 de la Municipal Art Society de New York.  Crédit photo: Wally Gobetz, Flickr

RE-IMAGINING THE CIVIC COMMONS

Lors d’un regroupement mondial au Civic Hall de Manhattan, la Municipal Art Society (MAS) de New York a publié Re-Imagining the Civic Commons, première analyse du genre sur l’état des "civic commons", soit la myriade d’actifs communs comme les parcs, les bibliothèques, les bureaux de poste, les piscines publiques et les églises, qui constituaient l’épine dorsale de la vie urbaine. L’analyse a été produite avec l’aide de la John S. and James L. Knight Foundation de Miami. 

Mary Rowe, vice-présidente chargée de la stratégie pour la MAS, a déclaré : « Ici, à New York, le rôle essentiel de ces espaces de rassemblement a été clairement défini au lendemain de l’ouragan Sandy, alors que des bibliothèques et des cafés Starbucks se sont transformés, du jour au lendemain, en centres de secours. Cependant, les voisins savent que ces actifs civiques aident, tous les jours et de manière discrète, à renforcer nos communautés. Lorsque nous fermons nos bibliothèques et transformons nos églises en condominiums, que reste-t-il de la rencontre communautaire créative qui attire les rêveurs et les investisseurs dans nos villes en premier lieu? » 

Le rapport a été communiqué à un groupe de leaders urbains de Montréal, de Toronto, de Chicago, de Boston, de Philadelphie et de New York, dans le cadre d’une discussion mondiale intitulée Building a Sustainable Civic Commons. Pendant cette activité de deux jours, les participants ont exploré le rôle joué par les communes civiques dans l’habitabilité urbaine et la compétitivité économique, en plus de discuter des stratégies en matière d’investissement et de programmation visant à les renforcer. 

L'activité a été organisée par la MAS en partenariat avec la Evergreen CityWorks, le programme Des villes pour tous, le Community Design Resource Center, la Boston Society of Architects, la Chicago Architecture Foundation et la Fairmount Park Conservancy, ainsi qu’avec le soutien de la Banque TD, de la Maytree Foundation, d’Ideas That Matter, de la fondation de la famille J.W. McConnell, de la Metcalf Foundation et de Stantec [traduction libre].

Tiré d’un communiqué de presse de 2015 de la Municipal Art Society de New York. 

Crédit photo: Wally Gobetz, Flickr