« Les villes sont d’immenses laboratoires de construction et de conception urbaines qui fonctionnent par tâtonnement [traduction libre]. »
— Jane Jacobs
 
 

Comment pouvons-nous améliorer le bien-être social, écologique et économique et aider les cultures civiques à fleurir? Des villes pour tous a été conçu comme réseau d’innovation urbaine regroupant des commissaires afin de permettre la collaboration et le changement systémique. 

Pourquoi la conservation? C'est ce terme qui décrit le mieux le travail visant la définition d’approches prometteuses, la création de liens entre celles-ci et l’essai de nouvelles stratégies et tactiques de différentes façons. Comment les choses se sont-elles passées? Comme pour toute approche expérimentale, il y a eu des succès et des échecs. Certaines leçons ont été tirées de la première phase de 18 mois. En voici quelques-unes :

Lorsqu’on adopte une approche de stratégie émergente, il est important d’avoir en place des mesures de soutien, une structure et des processus, afin que les apprentissages puissent faire surface et éclairer la stratégie. Il est aussi important de ne pas voir la stratégie claire comme un intrant, mais bien comme un extrant d’un processus émergent. 

Certains participants au programme Des villes pour tous se demandaient si une stratégie plus complète aurait dû être mise de l’avant. D’un côté, l’utilisation de la plateforme Des villes pour tous comme une invitation ouverte à la collaboration a permis aux commissaires de travailler efficacement dans leurs domaines, en s’appuyant sur leurs forces et intérêts organisationnels. De l’autre, pour façonner une stratégie de groupe, il faut un ensemble de lignes directrices et de processus de partage des apprentissages et de précision de l’intention qui n’ont pas été énoncés au début du processus. Ce type d’évaluation vise à créer ou à adapter des initiatives ou des programmes particulièrement novateurs se déroulant dans des conditions dynamiques et complexes. Mark Cabaj et Jamie Gamble, deux experts en Évaluation évolutive, ont joué un rôle clé dans Des villes pour tous. Ils faisaient partie de l’équipe et ont collaboré pour penser, concevoir et tester de nouvelles approches, dans le cadre d’un processus continu d’adaptation et de changement intentionnel.  

Le contenu diffère de la stratégie. Il est important de décider lequel des deux doit faire l’objet d’une expérimentation et dans quelles circonstances. 

Le fait d’expérimenter le quoi (stratégie émergente autour des objectifs globaux de résilience, d’habitabilité et d’inclusion) et le comment (gouvernance décentralisée, modèle conservatoire d’exécution de projets) a parfois produit des inefficacités et des incertitudes. Lorsque le modèle fonctionnel et les extrants émergents étaient d’ordre expérimental, il était difficile de suivre les apprentissages et d’élaborer des mesures concrètes basés sur ceux-ci. En l’absence de résultats prédéterminés, il est nécessaire de définir le type de points de contrôle qui permettront de garantir que nous allons tous dans la même direction, tout en étant ouverts à des occasions et à des apprentissages imprévus. L’initiative aurait pu profiter d’une définition collective des spécifications minimales liées à la conservation pour s’assurer que les apprentissages pouvant éclairer la stratégie fassent surface à des moments cruciaux. 

ACTIVITÉ DE CONCEPTION DE GROUPE DU PROGRAMME DES VILLES POUR TOUS En février 2015, Des villes pour tous a tenu une « activité de conception de groupe », animée par le MaRS Solutions Lab. Cette activité était axée sur la création d’idées et de points d’appui comme sources d’intrants au processus de planification de la Fondation. L’équipe de Solutions Lab a fait faire plusieurs exercices au groupe, y compris des séances de remue-méninges, de cartographie des enjeux, de visualisation collective et de conception de principes. Ces exercices ont permis au groupe de passer d’une vision globale des villes à une vision plus précise des publics et de mettre l’accent sur l’aspect concret des structures possibles.   Crédit photo: Michelle Krasny

ACTIVITÉ DE CONCEPTION DE GROUPE DU PROGRAMME DES VILLES POUR TOUS

En février 2015, Des villes pour tous a tenu une « activité de conception de groupe », animée par le MaRS Solutions Lab. Cette activité était axée sur la création d’idées et de points d’appui comme sources d’intrants au processus de planification de la Fondation. L’équipe de Solutions Lab a fait faire plusieurs exercices au groupe, y compris des séances de remue-méninges, de cartographie des enjeux, de visualisation collective et de conception de principes. Ces exercices ont permis au groupe de passer d’une vision globale des villes à une vision plus précise des publics et de mettre l’accent sur l’aspect concret des structures possibles.  

Crédit photo: Michelle Krasny

 
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Comprendre que la dynamique du pouvoir fait toujours partie d’une gouvernance répartie. 

Bien qu’un des objectifs soit de casser la dynamique du pouvoir habituelle entre les donateurs et les titulaires de subvention en testant un modèle de gouvernance décentralisée, en espérant du même coup l’émergence d’un système de responsabilité partagée, la dynamique interpersonnelle n’a pas suffisamment été prise en compte. Au cours de l’expérience, il est apparu que les commissaires et la Fondation n’avaient pas les mêmes attentes quant au rôle de coordination centrale. Ainsi, il est devenu compliqué de concilier les deux niveaux de conservation à l’échelle nationale, soit les projets et le réseau des commissaires. Des efforts plus concertés visant le développement d’une compréhension commune de la dynamique interpersonnelle au sein du réseau, qui a changé et évolué pendant l’expérience, auraient diminué les tensions découlant des mauvaises communications sur les rôles et les responsabilités. 

Éviter de mettre trop tôt l’accent sur les communications externes dans le cadre d’une stratégie émergente ou dans un contexte expérimental. 

Le lancement d’un site Web et la transmission de communications destinées au public au début de l’expérience, lorsque les objectifs de communication et les publics cibles n’étaient pas encore convenus par les partenaires, se sont avérés difficiles. De plus, puisque la notion Des villes pour tous a trouvé écho chez tant de groupes d’intervenants et de citoyens intéressés, les commissaires ont parfois eu de la difficulté à répondre aux nombreuses demandes de renseignements, de présentations et d’engagement. Le fait de disposer d’une plateforme de communications destinées au public était bénéfique pour la diffusion du message, mais désavantageux pour la présentation d’un portrait clair des travaux aux fournisseurs externes.

Ancrer profondément des valeurs à une initiative et s’assurer que des mécanismes clairs sont en place pour permettre à ces valeurs de prendre vie, surtout si l’initiative est dispersée. 

Depuis le début, Des villes pour tous voulait mettre l’accent sur l’inclusion sociale comme thème transsectoriel, tout en s’assurant que le travail soit effectué à l’échelle pancanadienne, c’est-à-dire qu’il s’étende sur toutes les zones géographiques du pays et qu’il mobilise autant les anglophones que les francophones du Canada. Bien que les personnes faisant partie du réseau Des villes pour tous approuvent ces objectifs, elles ont eu de la difficulté à les intégrer profondément et collectivement à leur travail.

Pour créer une plateforme ancrée dans l’inclusion sociale et ayant une orientation pancanadienne, il est important d’élaborer des mesures et des initiatives réfléchies qui influent sur la mobilisation des ressources et le travail effectué par les participants.