« L’approche de l’économie sociale est un puissant outil de développement parce qu’elle a pour mission de servir la collectivité plutôt que les intérêts d’actionnaires de l’extérieur. Elle peut donc tenir compte de plusieurs dimensions de la vie en milieu urbain. »
— Nancy Neamtan, Chantier de l’économie sociale, Voices of New Economies

« Nous pouvons exploiter l’énergie de l’économie de marché libre et la recycler en changement social [traduction libre]. »
— Ken Lyotier, fondateur, United We Can
 
 

Le modèle économique actuel ne répond pas aux attentes en matière d’égalité, d’écologie et de bien-être. Une économie nouvelle qui répond aux besoins des personnes et de l’environnement, et non seulement à ceux des actionnaires, est-ce possible?

Les villes, où habitent 80 %+ des Canadiens, sont à l’avant-garde des changements économiques. Peuvent-elles incuber de nouveaux modèles économiques qui garantiront une équité, une durabilité, une résilience et une diversité accrues?

 

80 %+
de la population du Canada vit en milieu urbain

Les représentants de One Earth, basée à Vancouver, ont été chargés d’explorer ce territoire critique et ont joué le rôle, à bien des égards, de « leaders d’opinion » et de guides en ce qui a trait aux problèmes émergents et aux solutions connexes. Ce qu’on appelle « l’économie du partage » est devenue l’une des grandes priorités. Cette expression polyvalente décrit un vaste domaine d’activités économiques non traditionnelles. Ce qui unit ces activités est leur potentiel de modifier le statu quo et, dans certains cas, de faire progresser des activités durables sur le plan de l’environnement et socialement équitables. 

Uber, le concurrent de l’industrie traditionnelle du taxi, soulève les passions et la colère de Toronto à Paris en passant par Los Angeles, ainsi que des inquiétudes quant aux mauvaises pratiques d’emploi et à la réduction de l’usage du transport en commun dans les centres-villes. Vancouver a retardé l’entrée d’Uber sur le marché, alors que la Ville d’Edmonton et la Ville de Toronto élaborent des règlements précis pour les entreprises de covoiturage dynamique. 

Il existe toutefois un autre visage de l’économie du partage. Prenez, par exemple, la Vancouver Tool Library. Les fondateurs de cette coopérative sont tombés sur des études montrant qu’une perceuse électrique domestique coûte en moyenne 100 $, mais que son temps d’utilisation moyen pendant sa durée de vie est de 14 minutes. La bibliothèque d’outils offre à ses membres, en échange d’un montant raisonnable, l’accès à un ensemble d’outils pour la maison, évitant ainsi de gaspiller une perceuse électrique non utilisée. 

 

Prix moyen d’une perceuse électrique

100 $

Temps d'utilisation moyen

14 minutes

 

« Comment pouvons-nous aider les autorités municipales à relever les défis et saisir les occasions qui découlent de l’économie du partage? »
 

« Comment pouvons-nous aider les administrations municipales à relever les défis et à saisir les occasions que présente l’économie du partage [traduction libre]? », se demandait Vanessa Timmer, directrice générale de One Earth, aux premiers stades du programme Des villes pour tous. À l’issue de ses travaux sur l’initiative, One Earth a créé le projet Local Governments and the Sharing Economy (LGSE) à l’aide de conseillers, y compris des villes faisant partie du réseau Urban Sustainability Directors Network (USDN). La feuille de route du projet LGSE offre des lignes directrices sur la façon dont les villes peuvent explorer ce terrain inconnu. 

Le rapport de One Earth contient trois leçons clés : 

  • L’économie du partage n’est pas intrinsèquement durable, mais les administrations locales peuvent contribuer à la rendre plus durable. Par exemple, les municipalités peuvent soutenir le logement coopératif, directement ou en exerçant des pressions sur les ordres de gouvernement supérieurs ou en modifiant la législation locale et la réglementation municipale.   
     
  • Le partage communautaire est un domaine prometteur dans lequel les administrations locales peuvent jouer un rôle catalyseur actif. Par exemple, le soutien des cours pratiques de réparation (soit des centres communautaires où les gens se rassemblent et mettent leur expertise en commun pour réparer et remettre à neuf de vieux articles domestiques) permet aux communautés de mieux répondre à leurs besoins à l’échelle locale.
     
  • Il est essentiel de combler les lacunes statistiques pour comprendre les répercussions sur la durabilité urbaine. Les villes peuvent explorer la possibilité d’offrir un accès préférentiel aux marchés municipaux aux entreprises d’économie du partage qui communiquent des données pertinentes. 
     

APRIL RINNE Pour lancer le programme Des villes pour tous en février 2014, One Earth s’est jointe à Génération de l’innovation sociale pour faire visiter quatre villes canadiennes à April Rinne, experte en économie du partage. Cette visite a permis d’illustrer la dynamique de l’économie du partage, de rassembler de nouveaux alliés actifs dans le domaine et de souligner les répercussions pour les personnes et les administrations locales. Regardez la présentation complète ici

APRIL RINNE

Pour lancer le programme Des villes pour tous en février 2014, One Earth s’est jointe à Génération de l’innovation sociale pour faire visiter quatre villes canadiennes à April Rinne, experte en économie du partage. Cette visite a permis d’illustrer la dynamique de l’économie du partage, de rassembler de nouveaux alliés actifs dans le domaine et de souligner les répercussions pour les personnes et les administrations locales.

Regardez la présentation complète ici

 


Le rapport recommande aux villes de privilégier les pratiques novatrices de partage communautaire qui favorisent la réutilisation, l’emprunt, l’échange, la réparation et l’entretien de produits. On demande aux villes d’examiner de près l’économie du partage, comme de mesurer les effets du partage de voitures, pour déterminer si les avantages vantés se ressentent à l’échelle locale. Les entreprises comme Car2Go et Communauto aident-elles à réduire les embouteillages et la consommation d’énergie, en plus d’aider leurs clients à mener des vies plus saines? Les villes doivent examiner les données elles-mêmes et, comme mentionné ci-dessus, certaines municipalités exigent le partage de données dans leurs ententes avec des acteurs de l’économie du partage.
 

PROJET BINNERS Les membres d’un des groupes les plus marginalisés (appelé binners), y compris ceux du Downtown Eastside de Vancouver, recueillent des contenants recyclables dans toute la ville et les échangent contre de l’argent. Le programme Des villes pour tous, par l’intermédiaire de One Earth, a soutenu le projet Binners avec comme objectif de faciliter l’apprentissage et de permettre aux ramasseurs de déchets de se faire entendre. Un groupe de Montréal, inspiré par Ken Lyotier, fondateur de United We Can à Vancouver, a créé la Coop Les Valoristes. Le projet Binners, lancé conjointement à Vancouver et à Montréal, a permis davantage d’échanges entre les binners de tout le Canada. Crédit photo: Dagmar Timmer

PROJET BINNERS

Les membres d’un des groupes les plus marginalisés (appelé binners), y compris ceux du Downtown Eastside de Vancouver, recueillent des contenants recyclables dans toute la ville et les échangent contre de l’argent. Le programme Des villes pour tous, par l’intermédiaire de One Earth, a soutenu le projet Binners avec comme objectif de faciliter l’apprentissage et de permettre aux ramasseurs de déchets de se faire entendre. Un groupe de Montréal, inspiré par Ken Lyotier, fondateur de United We Can à Vancouver, a créé la Coop Les Valoristes. Le projet Binners, lancé conjointement à Vancouver et à Montréal, a permis davantage d’échanges entre les binners de tout le Canada.

Crédit photo: Dagmar Timmer

 

Pour Vanessa Timmer, trois éléments doivent être pris en compte dans l’exploration de l’intersection des nouvelles économies et des villes. Premièrement, elle croit qu’il est essentiel pour les villes d’être plus autonomes. En étant moins dépendantes des réseaux mondiaux et en renforçant leur capacité interne, les villes peuvent répondre aux besoins de leurs citoyens de façon plus efficace. Deuxièmement, elle croit prometteuses les innovations dans les domaines de la fabrication en boucle fermée et de la production circulaire pour les différents secteurs. Par exemple, pourquoi ne pas encourager davantage d’industries locales à rassembler et à partager leurs ressources comme l’énergie, l’eau, les matériaux, l’expertise technique et le transport, afin que leurs pratiques soient plus efficaces et durables? 

Parallèlement, les villes sont des nœuds dans le flux des produits mondiaux. En reconnaissant leurs pouvoirs, comme celui d’acheter une grande quantité de produits, les villes peuvent exercer une plus grande influence sur les chaînes d’approvisionnement et les modèles économiques mondiaux. 
 

 
VOIX DE NOUVELLES ÉCONOMIES  Et si notre économie était aussi portée sur l’épanouissement des humains et de l’environnement qu’elle l’est sur les profits des actionnaires? C’est l’une des questions centrales du nouveau blogue Voix de nouvelles économies (Voices of New Economies) et du rapport du même nom, produit conjointement par One Earth et le Réseau canadien de développement économique communautaire. Les cinq sections du rapport portent sur la révision des principes fondamentaux de l’économie; les écosystèmes sains, les communautés heureuses; la création d’une économie inclusive; les outils et les politiques qui nous permettront d’y arriver; les nouvelles économies à l’œuvre.  Lien vers le blogue Voix de nouvelles économies (en anglais seulement) Image par Voix de nouvelles économies

VOIX DE NOUVELLES ÉCONOMIES 

Et si notre économie était aussi portée sur l’épanouissement des humains et de l’environnement qu’elle l’est sur les profits des actionnaires? C’est l’une des questions centrales du nouveau blogue Voix de nouvelles économies (Voices of New Economies) et du rapport du même nom, produit conjointement par One Earth et le Réseau canadien de développement économique communautaire. Les cinq sections du rapport portent sur la révision des principes fondamentaux de l’économie; les écosystèmes sains, les communautés heureuses; la création d’une économie inclusive; les outils et les politiques qui nous permettront d’y arriver; les nouvelles économies à l’œuvre. 

Lien vers le blogue Voix de nouvelles économies (en anglais seulement)

Image par Voix de nouvelles économies

 

Tout nouveau modèle économique doit être fondé sur l’équité et inclure l’ensemble des citoyens, y compris ceux qui ont été traditionnellement les plus privés de leurs droits.